Domaine Régazel

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RENCONTRES VIGNERONNES

Domaine Régazel

Adrian Moreno a créé en 2012 à seulement 25 ans le domaine Régazel. Il vient tout juste d’achever sa reconversion bio et produit déjà une excellente gamme de vin, dont les 2 petits derniers sont sans sulfites.

Êtes-vous un enfant du cru ?

Oui, je suis né à Comigne, village situé à deux pas d’ici, et j’ai fait ma jeunesse à Douzens. Mon père est vigneron en cave coopérative. Pour ma part, je me suis installé il y a presque 10 ans avec mon oncle, après des études de viticulture/œnologie suivies d’une année passée à travailler chez un vigneron du village.

 

Travaillez-vous toujours en duo ?

Mon oncle et moi avons collaboré pendant 5 ans avant de nous séparer. Durant ces 5 années, nous avions une partie des vignes en cave coopérative et l’autre en cave particulière. Lors de son départ, il a gardé les vignes en cave coopérative et moi celles en cave particulière. Au printemps prochain, cela fera 5 ans que je suis seul au Domaine.

 

Le nom Régazel a-t-il une signification particulière ?

C’est le nom d’un lieu-dit situé à cheval sur Douzens et Comigne, où pousse une de mes vignes. D’après mes recherches, Régazel pourrait vouloir dire « petit sillon » ou « petit ruisseau »…

 

Que préférez-vous dans votre métier ?

J’aime beaucoup la partie cave. Je me suis toujours dit que soit je travaillerais chez un vigneron à la vinification, soit je m’installerais seul. J’aime aussi être dans les vignes, le contact avec la terre, être au grand air … les travailler, en les respectant et en respectant leur environnement.

 

Que recherchez-vous dans votre travail de vinification ?

J’essaie d’avoir une large gamme, composée d’un entré de gamme léger, facile à boire, puis de proposer en parallèle des vins plus structurés. Je cherche aussi à créer une gamme de qualité offrant à coup sûr au consommateur la satisfaction de déguster une bonne bouteille.  

 

Quels sont les vins du Domaine Régazel ?

La gamme se compose de 4 rouges, 2 blancs et un rosé.

  • L’entrée de gamme, nommée Petites Mains, se décline en rouge, blanc et rosé.
  • Puis vient le Sans Bruit, un assemblage de Grenache, Syrah et Carignan, avec parfois un peu d’élevage si l’année le permet.
  • La cuvée haut-de-gamme, baptisée Réflexion, n’est jamais exactement le même assemblage. J’isole la cuve qui sort du lot pendant la vinification… Je n’en produis pas chaque année : j’en ai fait une en 2011, 2014, 2017 et 2018.
  • Enfin, j’ai créé l’an dernier une gamme sans sulfites, baptisée Vins Sans, en clin d’œil à mon arrière-grand-père Vincent, dessiné sur les étiquettes. Il avait une petite vigne de Carignan dont il s’occupait le week-end, que j’ai conservé et qui a été plantée 1930 !
Ce qui me plaît le plus, c’est le partage. [...] J’adore aussi accueillir au domaine les personnes pour leur parler de ma passion, mon métier.

Pouvez-vous nous en dire plus sur cette nouvelle gamme sans sulfites ?

Je fais un blanc et un rouge. J’ai commencé mes essais il y 3 ou 4 ans. Je trouve ces vins très intéressants car ils évoluent et changent en permanence. Ils sont très vivants !

 

Comment s’est passé votre passage en bio ?

Le domaine vient juste d’obtenir la certification. Sur les 3 ans de reconversion, j’en ai vécu 2 avec très forte pression mildiou, ce qui n’a pas été simple. Cela a aussi augmenté mon temps de travail, notamment sur les plantiers où tout se fait à la main et où le désherbage s’effectue à la bêche. Mais même si cela me demande beaucoup plus de travail, je suis fier de respecter mes vignes, leur environnement mais aussi le client qui vient m’acheter du vin.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à franchir le pas ?

Comme c'est moi qui travaille dans les vignes, il me semblait indispensable de passer en bio. C’est moi qui suis dans les vignes toute l’année et qui y respire… C’est la même chose en tant que consommateur : je recherche des vins propres et bien faits.

 

Après votre passage en bio et une gamme sans sulfites, avez-vous de nouveaux projets ?

C’est la première année que je récolte du Marselan. Le résultat me plaît beaucoup. Je trouve ce cépage très intéressant dans les assemblages : le vin est assez structuré, avec pas mal de complexité. Du coup, je viens d’en recommander pour en planter en 2022.

 

Quelles sont les valeurs qui vous tiennent le plus à cœur ?

Ce qui me plaît le plus, c’est le partage. Hier encore, j’étais en compagnie d’un collègue vigneron et d’un potentiel client. Nous avons dégusté toute la gamme chez moi, puis chez lui, et déjeuné là-bas. Ce sont des moments vraiment spéciaux.

J’adore aussi accueillir au domaine les personnes pour leur parler de ma passion, mon métier. Leur expliquer la vinification et leur présenter ma cave.

Il y a aussi l’entraide ! Nous, vignerons de Douzens, travaillons ensemble : on se prête du matériel, on a même créé une association, Made in Douzens. Je pense que pour finir je ne peux que parler de ma reconversion en bio, cela me tient à cœur de faire un travail de qualité autant dans les vignes qu’en vinification.

 

Quel est le but de l’association Made in Douzens ?

Son but est de promouvoir le vin des 5 domaines de Douzens : Château de Fontenelles, Domaine Sainte-Marie des Crozes, Domaine Py, Colline de l’Hirondelle et Domaine Régazel. Tous les premiers dimanches du mois, chacun d’entre nous organise une dégustation au caveau avec de quoi grignoter. Nous proposons aussi une balade au printemps, et sommes en train de mettre en place avec l’aide de la mairie 2 circuits de randonnée - un assez long et un plus court - qui traverseront le village en passant par nos 5 caves.